Actualités

Le harcèlement ne commence pas en février

Cette année encore, début février, a lieu la semaine contre le harcèlement en Flandre et dans nos écoles bruxelloises néerlandophones. Mais organiser une telle campagne de sensibilisation en février semble très peu productif. Ne serait-il pas préférable d'organiser cette campagne de sensibilisation dès le mois de septembre et non en milieu d'année scolaire, comme c’est le cas pour l’instant ?

Le harcèlement à l'école reste un problème sous-estimé. Les conséquences peuvent être tragiques : suicide, dépression majeure, décrochage scolaire. Les blessures de pareilles expériences restent à vie. C'est pourquoi j'ai interrogé Sven Gatz, membre du collège de la VGC, sur son approche du harcèlement dans les écoles bruxelloises néerlandophones. Dans ses réponses, Gatz a indiqué qu'il enquêterait avec ses collègues flamands pour savoir si cette semaine contre le harcèlement ne pourrait pas avoir lieu dès la rentrée scolaire en septembre.  

Je suis convaincu qu'il peut être utile d'accorder plus d'attention au harcèlement dès le début de l’année scolaire. En organisant une action contre le harcèlement dès septembre et non au milieu de l'année scolaire, comme c'est désormais le cas. À ce moment-là, le mal est souvent déjà fait, les amitiés se sont formées et les comportements d'intimidation sont peut-être déjà normalisés au sein de la classe. Assurons-nous de commencer une année scolaire avec des directives claires sur la façon de combattre et d'éviter l'intimidation. Aussi bien pour les élèves que pour les enseignants. 

Le membre du collège, Sven Gatz, responsable de l'éducation, a indiqué qu'il souhaitait consulter ses collègues du gouvernement flamand sur le déplacement de la semaine anti-harcèlement de février à septembre. Il a également exprimé son intention d'enquêter sur les suggestions de Fouad Ahidar pour une meilleure approche de l'intimidation. Selon Fouad Ahidar, les actions suivantes peuvent aider à gagner la lutte contre le harcèlement à Bruxelles :

  • Les différentes autorités compétentes bruxelloises peuvent mettre en place un observatoire contre le harcèlement. Ce faisant, nous devons transcender les frontières entre l'enseignement francophone ou néerlandophone ou entre l'environnement éducatif et celui des loisirs ;
  • Il doit y avoir un seul point de signalement facilement accessible, un numéro vert, où tous les jeunes bruxellois peuvent s'adresser en plusieurs langues, en collaboration avec l'AWEL et la Commission des Droits de l'Enfant ;
  • En renforçant l'encadrement et la formation des équipes scolaires, qui subissent déjà une énorme pression aujourd'hui et pour qui faire face au harcèlement est un travail difficile et émotionnellement lourd ;
  • Et d'examiner l'arsenal de sanctions et de remédiations au sein des écoles : entretiens de réinsertion et référence psychosociale devraient devenir la norme, mais il faut aussi s'interroger sur des mesures disciplinaires plus claires et un rôle plus actif de l'inspection pour améliorer la sécurité psychologique dans les écoles.